Fessées, gifles : les punitions corporelles entraînent phobies et désobéissance

Des explications claires d’un phénomène psychologique méconnu. Cet article est à lire, relire et partager. Ci-dessous quelques extraits pour en comprendre l’essentiel. Bien sûr vos parents ont fait du mieux qu’ils ont pu avec ce qu’ils avaient eux-mêmes reçus. Mais allez-vous à votre tour reproduire ?

Non, la violence que nous avons reçu enfant n’est pas neutre dans nos comportements d’aujourd’hui. Nous pouvons avoir l’impression que « je ne m’en porte pas plus mal ». C’est déjà le mécanisme psychologique décrit dans l’article qui est alors à l’œuvre…

pour lire tout l’article de Muriel Salmona

Voici quelques extraits :

« Avec les  les punitions corporelles et psychologiques, ce qui est recherché en provoquant une douleur, une peur et un stress, c’est avant tout de sidérer l’enfant pour qu’il obéisse immédiatement, et de créer ensuite une aversion par un conditionnement pour qu’il ne recommence pas à avoir le même comportement.

Sidération et conditionnement sont des mécanismes neuro-biologiques traumatiques. Les enfants, du fait de leur immaturité neurologique, ont un cerveau très sensible à la douleur et au stress, bien plus que les adultes, et sont beaucoup plus exposés à des atteintes neurologiques et à des conséquences psychotraumatiques lors de violences  même « minimes ». Et contrairement à des idées reçues, le fait qu’ils soient trop petits pour s’en souvenir ne signifie pas qu’il n’en seront pas traumatisés, c’est même l’inverse.

La sidération bloque l’enfant

La sidération bloque l’enfant, ce qui est recherché par les punitions, mais lui fait perdre ses moyens. L’enfant sidéré ne va pas pouvoir parler, bouger, mobiliser sa mémoire, ni ses apprentissages.

Il ne ressent plus rien

Brutalement l’enfant se retrouve alors en anesthésie émotionnelle, il se calme en effet, non parce qu’il l’a décidé mais parce qu’il ne ressent plus rien, ni émotion, ni douleur : il est déconnecté, comme absent et envahi par un sentiment d’irréalité, il peut se sentir spectateur de la situation, c’est ce qu’on appelle la dissociation traumatique.

La paralysie de l’enfant peut énerver le parent

La méconnaissance de ces mécanismes sont souvent à l’origine de recrudescences de violences de la part du parent.

De plus, face à l’état de dissociation de l’enfant, le parent n’a plus de repères émotionnels, ni d’empathie, lui permettant d’évaluer la souffrance et la douleur qu’il provoque chez l’enfant (ses neurones miroirs ne peuvent pas lui renvoyer d’informations) et de contrôler sa violence en regard.

La mémoire traumatique poursuit l’enfant

Cette mémoire traumatique sera également à l’origine d’angoisses, d’une souffrance et d’une culpabilité durable, d’un manque d’estime de soi et de confiance en soi, d’un sentiment d’insécurité permanent, et d’un état de stress qui aura des répercussions sur la santé, l’appétit et le sommeil de l’enfant, ainsi que sur ses capacités de concentration, de mémorisation et son développement psycho-moteur.

Et cette mémoire traumatique, si rien n’est fait pour la traiter et la désamorcer, s’installe dans la durée, elle perdure à l’âge adulte et devient rapidement de plus en plus difficile à éviter et à contrôler, une autre stratégie plus efficace pour y échapper se met alors en place pour l’éteindre et anesthésier : ce sont les conduites dissociantes.

L’enfant va devenir incontrôlable

Ces conduites dissociantes auront alors l’effet inverse de ce qui était escompté au départ. Il s’agissait de rendre l’enfant plus calme, soumis et obéissant, il va devenir agité, incontrôlable, se mettre en danger et pourra avoir des comportements violents à son tour vis-à-vis de lui-même ou d’autrui.

Enfant violent, futur parent violent

Ces conduites dissociantes expliquent également la reproduction de violences.

Un enfant qui aura subi des violences peut, dans une situation qui les lui rappelle, être envahi par celles-ci, par des cris, des paroles blessantes, des images de coups qu’il sera tenté de reproduire soit sur lui-même, soit sur autrui pour « se calmer », en se dissociant pour échapper à cette flambée de mémoire traumatique.

Il pourra alors considérer que c’est l’enfant qui le persécute et le met hors de lui (même si ce n’est qu’un nourrisson), et qu’il mérite donc d’être corrigé (4). Il sera sans pitié comme on l’a été avec lui. Il considérera à tort que l’enfant est intentionnellement méchant et destructeur. Il interprétera en toute incohérence des réactions normales de son enfant dues à l’âge, la fatigue, des douleurs, ou de la fièvre, comme des attaques et des défis à son égard.

Pour les parents la violence est non seulement un outil  pour soumettre leur-s enfant-s, mais également une drogue anesthésiante qui les «calme». Connaître les mécanismes psychotraumatiques leur est essentiel pour renoncer aux violences éducatives et pour ne pas les reproduire sans fin. »

Avatar de Muriel Salmona

No Comments Yet.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *